DECLARATION DE LA FSU MARTINIQUE AU CTPA du 25 janvier 2011
Monsieur le recteur, Mesdames et Messieurs les Inspecteurs pédagogiques, Mesdames et Messieurs les Proviseurs ainsi que Mesdames et Messieurs les personnels de l’administration du rectorat,
La FSU Martinique ne siègera pas à ce CTPA du 25 janvier 2011, malgré la conscience profonde que ses membres ont du travail effectué par l’administration du rectorat dans des conditions de plus en plus difficiles du fait d’un personnel de plus en plus rare et de tâches de plus en plus nombreuses, de plus en plus urgentes.
Mais nous ne pouvons rester sans réagir à la saignée que subit l’Education Nationale en Martinique depuis plus de 7 ans. Nous avons atteint le fond ! Ce sentiment est largement partagé dans les établissements publics de l’académie, tant collèges que lycée, face au désert humain que sont devenus nos EPLE, et devant l’absence de moyens que l’on ne peut plus cacher par une brave apparence. Nos collègues n’y croient plus, Monsieur le Recteur, pas plus les IPR que les chefs d’établissement. Pourtant malgré ce sentiment de désarroi de plus en plus perceptible, on continue de fermer des divisions, d’augmenter le nombre d’élèves par classe, de supprimer des disciplines, de licencier des contractuels sous CDI, d’imposer des activités en dehors du temps de travail pour écraser les personnels et se donner l’illusion croire que la machine fonctionne alors qu’elle implose en s’effondrant sur elle-même, au milieu d’une violence scolaire de plus en plus évidente.
A la manière d’un film de science-fiction et d’anticipation, certains commencent à résister, à se rebeller, et à manifester, provoquant l’agitation des renseignements généraux, tant le pouvoir est conscient de ce qu’il fait et tant il surveille de près les surchauffes qu’engendre sa politique. Il faut dire qu’après le projet sur 3 ans que vous nous avez proposé, la réalité est cruelle. Sous prétexte qu’on n’aurait pas réussi à ranimer le patient par la perfusion, on lui retire tout son sang en lui promettant la guérison. Ce genre de médecine, nous ramène à Sganarelle, déguisé en médecin, avouant avoir tué le patient dont il s’occupait.
La Martinique était déjà championne des redoublements, championne pour la faiblesse de son taux de passage en seconde, championne pour la longueur des journées de classe, championne pour l’âge élevé de son corps enseignants….il lui manquait encore quelques médailles qu’elle acquiert par les suppressions d’emplois supérieures, proportionnellement, à toutes les autres académies ! Si les chiffres sont éloquents - 12 classes fermées pour 126 élèves de plus en collège, (une classe pour 10 élèves en plus), et en lycée 18 classes fermées pour 188 élèves de moins (1 fermeture de classe pour 21 élèves de moins) – ils ne disent pas tout le gâchis humain, le piétinement des valeurs humanistes que nous portons haut en Martinique, et que vous pratiquez, monsieur le Recteur, comme homme et comme littéraire. Nous ne vous ferons pas l’injure de vous demander si votre « prime à la casse » sera augmentée au bout du compte, mais combien d’autres que nous y songeront ?
Décidément, il y a quelque chose de malsain dans ce régime qui sonne la fin des services publics et pille éhontément les biens de l’Etat à des fins privées. C’est pourquoi la FSU Martinique continuera de dénoncer ce scandale quitte à en faire un enjeu politique pour les échéances électorales de 2012. En attendant, nous appelons l’ensemble des personnels de l’Education à refuser l’écrasement et à amorcer dès demain une grève du zèle, en attendant l’organisation d’actions plus spectaculaires.

