Lettre ouverte au président de la Région Martinique.

dimanche 13 décembre 2009
par  FSU Martinique
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Monsieur le Président,

Dans le différend concernant le Lycée Schœlcher qui vous oppose non seulement au maire de la ville de Fort-de-France mais aussi à la communauté scolaire dans son ensemble, il me parait urgent de trouver une solution de sortie honorable pour toutes les parties. C’est une Martinique grandie qui doit sortir de cette querelle d’un autre temps. Le Lycée Schœlcher est la vitrine de l’intelligence Martiniquaise et donc sa fierté. C’est pour cela Monsieur le Président que cet établissement doit être choyé comme la prunelle de nos yeux. A ceux qui prétendent le contraire en disant que c’est un lycée de mulâtres, ils oublient un peu vite qu’il y a eu aussi Aimé Césaire qui y fut élève et enseignant, tout comme vous qui fut élève. Pour ce, dans un souci d’apaisement il convient de garder la communauté scolaire du lycée Schœlcher intacte pour un bon fonctionnement de cet établissement et une Martinique plus apaisée.

D’autre part, les raisons que vous invoquez notamment celles qui concernent la sécurité des élèves, sont nobles et je les respecte. Seulement, je me demande pourquoi tant de zèle pour ce lycée, alors que beaucoup d’autres sont en souffrance.

Que dire du lycée Frantz Fanon à Trinité ? Ce lycée est sinistré depuis Dean et le tremblement de terre du 29 novembre 2007. Pour l’heure rien à l’horizon. Ce lycée est plus dangereux que le lycée Schœlcher et aucune solution n’est proposée. Ces élèves sont-ils moins important au regard du conseil régional ?

Le lycée Joseph Pernock au Lorrain est quant à lui en état de décomposition avancée. Là encore rien n’est prévu par vos services. Les jeunes du Lorrain sont-ils moins méritants que ceux de Fort de France ? La vie d’un élève du lycée Schœlcher n’a-t-elle pas la même valeur que celle d’un jeune habitant le nord atlantique ?

Le Lycée Raymond Néris au Marin est lui aussi délaissé depuis une bonne décennie. Jusqu’à ce jour aucune réponse à leurs suppliques. C’est un silence assourdissant en retour, le rendant tous les jours un peu plus isolé, un peu plus seul et un peu plus abandonné. Le Marin est-il trop loin ? Pourquoi restez-vous sourd aux inquiétudes de la communauté scolaire ?

Non, Monsieur le Président, le lycée Schœlcher n’est pas le seul établissement scolaire dont vous avez la charge où tout « part à volo ». La liste est longue et c’est pour cela que je n’ai énoncé que les cas les plus critiques où la vie de toute la communauté scolaire est menacée.

Il vous appartient donc de prendre la véritable mesure de la tâche qui vous incombe. Les régions ont été créées avant toute chose pour se préoccuper des lycées. Ce n’est ni un aspect secondaire comme votre politique tant à le faire croire, ni un jouet politique pour régler vos comptes avec le maire de Fort de France. Il est temps Monsieur le Président de remettre les lycées à leur vraie place. C’est-à-dire au cœur des préoccupations de la Région Martinique.

En espérant que ma missive retiendra votre attention, veuillez agréer, Monsieur le Président, mes sincères salutations.

Le secrétaire départemental de la FSU, Thierry RENARD